Cette mission s’appuie sur la mise en œuvre du plan triennal II d’accès pour tous à la lecture, à l’écriture et aux compétences de base signé en Limousin le 19 mai 2009.
La conduite de ce plan partenarial s’effectue en conformité avec les orientations fixées par l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme.
Pour obtenir une information locale sur les ateliers, un conseil, un contact pour la Corrèze, la Creuse et la Haute-Vienne, appelez le numéro Indigo : 0820 33 34 35
Repères
Définition
- Définition de l’ANLCI (2003) :
"L’illettrisme qualifie la situation de personnes de plus de 16 ans, qui, bien qu’ayant été scolarisées, ne parviennent pas à lire et comprendre un texte portant sur des situations de leur vie quotidienne, et/ou ne parviennent pas à écrire pour transmettre des informations simples. Pour certaines personnes, ces difficultés en lecture et écriture peuvent se combiner, à des degrés divers, avec une insuffisante maîtrise d’autres compétences de base comme la communication orale, le raisonnement logique, la compréhension et l’utilisation des nombres et des opérations, la prise de repères dans l’espace et dans le temps, etc. Malgré ces déficits, les personnes en situation d’illettrisme ont acquis de l’expérience, une culture et un capital de compétences en ne s’appuyant pas ou peu sur la capacité à lire et à écrire. Certaines ont pu ainsi s’intégrer à la vie sociale et professionnelle, mais l’équilibre est fragile, et le risque de marginalisation permanent. D’autres se trouvent dans des situations d’exclusion où l’illettrisme se conjugue avec d’autres facteurs."
Les situations d’illettrisme sont à différencier des situations d’analphabétisme. L’analphabétisme désigne l’absence ou l’insuffisance de la capacité à lire et à écrire en langue française, mais pour les personnes étrangères ou d’origine étrangère n’ayant jamais appris un code écrit.
- Définitions de l’UNESCO : l’analphabétisme fonctionnel
.: Définition de 1958 : "Est fonctionnellement analphabète toute personne incapable de lire et d’écrire, en le comprenant, un exposé simple et bref de faits en rapport avec sa vie quotidienne."
.: Définition de 1978 : "Est fonctionnellement alphabétisée toute personne capable d’exercer toutes les activités pour lesquelles l’alphabétisation est nécessaire dans l’intérêt du bon fonctionnement de son groupe et de sa communauté et aussi pour lui permettre de continuer à lire, écrire et calculer en vue de son propre développement et de celui de la communauté."
- Définition du GPLI : des situations d’illettrisme (1995)
"Le GPLI considère comme relevant de situations d’illettrisme des personnes de plus de seize ans, ayant été scolarisées, et ne maîtrisant pas suffisamment l’écrit pour faire face aux exigences minimales requises dans leur vie professionnelle, sociale, culturelle et personnelle. Ces personnes, qui ont été alphabétisées dans le cadre de l’école, sont sorties du système scolaire en ayant peu ou mal acquis les savoirs premiers pour des raisons sociales, familiales ou fonctionnelles, et n’ont pu user de ces savoirs et (ou) n’ont jamais acquis le goût de cet usage. Il s’agit d’hommes et de femmes pour lesquels le recours à l’écrit n’est ni immédiat, ni spontané, ni facile, et qui évitent et (ou) appréhendent ce moyen d’expression et de communication."
- Définition de l’OCDE : littéracie (1995)
La littératie est "l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses connaissances et ses capacités." Cinq niveaux de littéracie ont été déclinés.
- Le littérisme, contraire de l'illettrisme
Le 30 août 2005, un nouveau terme pour définir l'antonyme de l'illettrisme a été publié au Journal Officiel par la Commission générale de terminologie et de néologie : LITTERISME
Le littérisme est la "capacité à lire un texte simple en le comprenant, à utiliser et à communiquer une information écrite dans la vie courante".
Ce terme est l'antonyme d'"illettrisme", qui ne doit pas être confondu avec "analphabétisme". Son équivalent étranger est "litteracy".
Pour voir l'annonce sur le site Legifrance (texte n°123 du JO n°201 du 30 août 2005)
Pour avoir le communiqué en ligne de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France.
Dates clés
- ANNEES 80
C'est au début des années quatre-vingt que le problème de l'illettrisme est soulevé par les mouvements associatifs. Deux rapports se saisissent de la question : le premier, dans le cadre du Programme européen de lutte contre la pauvreté (1980), le second remis au premier ministre, « Contre la précarité et la pauvreté, 60 propositions » (1982) de G. Oheix, où pour la première fois, il est fait mention de l'illettrisme.
- 1984
Le terme "Illettrisme" est repris par les auteurs du rapport « Des illettrés en France » (par Véronique Espérandieu et al.). L'existence de l'illettrisme est alors officiellement reconnue par le gouvernement français ; dans le même temps, le Parlement européen invite les états membres à se saisir du problème.
Octobre 1984 : création du GPLI (Groupe Permanent de Lutte contre l’Illettrisme) qui prend la forme d’une Commission interministérielle, rattachée au Ministère de l’Emploi et de la Solidarité
- 1985-1996
Mise en place progressive :
> Des programmes régionaux de lutte contre l’illettrisme (jusqu’à l’inscription de la lutte contre l’illettrisme dans les contrats de plan 1996-1999)
> du réseau des correspondants régionaux et départementaux du GPLI
> du réseau des "centres ressources illettrisme"
- 1998
Adoption de la loi n 98-657 d’orientation relative à la lutte contre les exclusions, du 29 juillet 1998 qui stipule (article 24) que : "la lutte contre l’illettrisme fait partie de l’éducation permanente. L’état, les collectivités territoriales, les établissements publics, les établissements d’enseignement publics et privés, les associations professionnelles, syndicales et familiales, ainsi que les entreprises y concourent chacun pour leur part. Les actions de lutte contre l’illettrisme sont des actions de formation (...). Les coûts de ces actions sont imputables au titre de l’obligation de participation au financement de la formation professionnelle (...). Elle indique enfin (article 149) que "la lutte contre l’illettrisme constitue une priorité nationale. Cette priorité est prise en compte par le service public de l’éducation ainsi que par les personnes publiques et privées qui assurent une mission de formation ou d’action sociale. Tous les services publics contribuent de manière coordonnée à la lutte contre l’illettrisme dans leurs domaines respectifs."
Ce dernier article est désormais inséré dans le livre IX du Code du Travail.
- 1999
Mars - Rapport de Marie-Thérèse GEFFROY : "Lutter contre l’illettrisme" Ce rapport insiste sur la faiblesse des moyens dévolus au GPLI pour mettre en œuvre une politique nationale effective de lutte contre l’illettrisme.
- 2000
Dissolution du GPLI 17 octobre 2000 Création de l’ANLCI - Agence nationale de lutte contre l’illettrisme - constituée sous la forme d’un groupement d’intérêt public par arrêté du 17 octobre 2000 (JO du 20 octobre 2000), qui a pour objet de "fédérer et d’optimiser les moyens affectés par l’Etat, les collectivités territoriales et les entreprises à la lutte
Les causes
Extrait d’un article : "Le point sur" in Sciences Humaines N°102 - Février 2000
"La première cause de l’illettrisme est la perte de compétences (lire et écrire) apprises. La seconde, plus fréquente, provient d’une acquisition insuffisante de la lecture et de l’écriture à l’école (...). Traquer l’illettrisme reviendrait donc à lutter contre l’échec scolaire, dont les origines sont souvent enchevêtrées : difficultés d’adaptation (comportements, relations), problèmes d’apprentissages (dysfonctionnements cognitifs, dyslexie), "handicap socioculturel"... Une corrélation forte existe entre illettrisme et parents de faible niveau de qualification, voire eux-mêmes illettrés. En fait, les études sur les illettrés montrent un cumul de facteurs entraînant l’échec scolaire : milieu social défavorisé, histoire familiale difficile, parcours scolaire heurté, échec dans les apprentissages..."
Source : Sciences Humaines N° 102 - Février 2000
A consulter
L’interview de Jean-Pierre Jaffré, linguiste, chercheur au CNRS, d’abord dans le laboratoire HESO (Histoire et structure des orthographes et des systèmes d'écriture) fondé par Nina Catach, puis dans le laboratoire LEAPLE (Laboratoire d'études sur l'acquisition et la pathologie du langage chez l'enfant)
http://www.bienlire.education.fr/04-media/a-interview19.asp
Les chiffres
En France actuellement trois enquêtes récentes peuvent fournir des informations utiles à la mesure du phénomène : l’enquête Information et vie quotidienne conduite par l’INSEE avec la participation de l’ANLCI, les tests des Journées d’appel de préparation à la défense (JAPD) traités par le Ministère de la défense et la Direction de l’évaluation et de la prospective du Ministère de l’éducation nationale, l’enquête internationale Projet International pour Suivi des Acquis des élèves (PISA) commanditée par l’OCDE et menée en France par la DEP.
- IVQ Information et vie quotidienne
Public visé adultes de 18 à 65 ans résidants en France métropolitaine (français et étrangers). Enquête méthodologique fin 2002 et enquête principale octobre 2004 à janvier 2005. Extensions dans trois régions : Nord Pas de Calais, Pays de la Loire, Aquitaine, et extension dans le département de la Martinique (en cours). Se fonde sur des tests explorant les compétences de compréhension orale, de production de mots de lecture (de la reconnaissance de mots à compréhension de textes). Passation individuelle assistée par ordinateur au domicile des répondants. Echantillon de 2000 personnes en 2002, Echantillon représentatif de 10000 en 2004/2005 Définition opérationnelle de l’illettrisme utilisée dans IVQ : L’illettrisme caractérise la situation face à l’écrit des personnes qui, bien qu’ayant suivi une scolarité en français pendant au moins cinq années, ne parviennent pas, seules et avec le seul recours de l’écrit, à comprendre efficacement un texte écrit portant sur des situations de la vie quotidienne, et/ou ne parviennent pas à transmettre efficacement un message par écrit.
![]() | Les derniers chiffres de l’enquête INSERTION VIE QUOTIDIENNE 2004 - 2005 : | ![]() | Télécharger l’enquête Information Vie Quotidienne 2002-2005 |
- Tests de la Journée Défense et Citoyenneté (ex Journée d’Appel et de Préparation à la Défense - JAPD)
Public visé : essentiellement les jeunes âgés de 17 à 19 ans français résidant sur le territoire national. Il s’agit d’une enquête annuelle depuis 1998 pour les garçons et depuis 2000 pour les filles qui s’effectue au cours de la journée défense citoyenneté. Un changement de protocole d’évaluation en 2003 rend la comparaison avec les années précédentes problématique. Cette enquête se déroule dans toutes les régions métropolitaines et d’outre mer. La passation est collective, il s’agit de tests en temps limité qui explorent les capacités en lecture (de la reconnaissance de mots à la compréhension de petits textes).
Chaque année, la journée défense et citoyenneté (ex JAPD accueille environ 800 000 jeunes, garçons et filles).
Voici les résultats des 8 dernières années pour le Limousin et le détail pour les 3 départements (pourcentage des lecteurs en grande difficulté) ainsi que les chiffres nationaux.
2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
Région Limousin | 4.00 % | 3.70 % | 3.90 % | 4.40 % | 3.80 % | 4.40 % | 3,90% | 4,70% |
Corrèze | 3.60 % | 3.50 % | 3.50 % | 4.10 % | 3.50 % | 4.40 % | 3,80% | 4,40% |
Creuse | 5.00 % | 4.90 % | 4.40 % | 7.10 % | 5.40 % | 5.80 % | 5,90% | 6,90% |
Haute-Vienne | 3.90 % | 3.40 % | 4.00 % | 3.70 % | 3.50 % | 3.90% | 3,40% | 4,20% |
Métropole | 4.40 % | 4.30 % | 4.80 % | 4.90 % | 4.90 % | 4.50 % | 4.30 % | 4,10% |
Métropole+DOM | 5,10% | 4,80% |
Lire la note d'information de la DEPP (Direction de l’Evaluation de la Prospective et de la Performance) sur la JDC 2010.
- PISA Projet International pour Suivi des Acquis des élèves
Public visé : les élèves de 15 ans français ou étrangers scolarisés en France et dans plus d’une trentaine de pays du monde. Triptyque d’enquêtes chacune avec une dominante particulière : 2000 Maîtrise de l’écrit (littérisme), 2003 Mathématiques, 2006 Sciences. Se déroule dans les établissements scolaires, passation collective papier crayon avec des épreuves similaires dans tous les pays. Explore plutôt des degrés élevés de compétence face à l’écrit (du prélèvement d’information simple à l’inférence), une partie des questions fait appel à des réponses nécessitant d’écrire. Echantillon représentatif des élèves de 15 ans de 4700 individus. Attention : on ne saurait parler d’illettrisme au sens strict pour ces élèves puisqu’ils sont encore scolarisés. L’OCDE publie des chiffres concernant les élèves qui n’atteignent pas le premier niveau défini dans l’enquête. Ces élèves peuvent être considérés dans une situation pouvant mener à l’illettrisme. Définition de la « literacy » (littérisme) pour le projet PISA : « La capacité de comprendre, d’utiliser et d’analyser des textes écrits, afin de pouvoir réaliser ses objectifs, développer ses connaissances et son potentiel et jouer un rôle actif dans la société. » Trois compétences sont mesurées « s’informer », « interpréter », « réagir ». 70% des items sont d’origine anglo-saxonne.
Chiffres clés de PISA 2000 : 4 % des élèves âgés de 15 ans éprouveraient de sérieuses difficultés à comprendre un texte court. En moyenne dans les pays de l’OCDE on relève 6% des élèves dans cette situation, (élèves se situant au dessous du niveau 1). 11% ne maîtriseraient pas l’ensemble des compétences de base en lecture.
Pour en savoir plus
Infos PISA






