Rapport Situations de travail, compétences transversales et mobilité entre les métiers

Le marché du travail français est marqué par une augmentation du nombre de transitions professionnelles depuis trente ans. Un enjeu central pour les politiques publiques est de préparer les actifs à ces mobilités, afin qu’elles soient choisies plutôt que subies et qu’elles s’inscrivent dans des parcours professionnels ascendants. Pour ouvrir le champ des possibles, il faut donc identifier les facteurs facilitant le passage de tel métier à tel autre et en informer les actifs.

Cette étude propose une méthode originale pour identifier ces compétences et aptitudes transversales en partant des situations de travail des salariés. L’enquête Conditions de travail réalisée par la Dares en 2013 comporte en effet de très nombreuses questions décrivant les actes quotidiens de travail des personnes interrogées, à partir desquelles il est possible de dégager 16 situations de travail, plus ou moins présentes dans l’exercice d’un emploi donné : contact avec le public, utilisation d’outils informatiques, travail en équipe, conduite d’un véhicule, travail sous pression, etc. Un traitement particulier doit être fait pour une dimension, celle qui a trait à l’organisation du travail dans laquelle s’inscrit le poste. Sur la base des questions de l’enquête qui la décrivent, on peut faire émerger quatre grands types de postes : les postes relevant d’un travail autonome peu formalisé, qui s’opposent aux postes de type taylorien ; les postes relevant d’un travail autonome mais régulé par des objectifs, qui s’opposent à des postes où le travail est répétitif mais de type artisanal.

Dans un second temps, l’étude procède à une analyse des transitions entre métiers à partir des données de l’enquête Emploi de l’Insee sur 2005-2015. En particulier, elle identifie en première approximation quatre aires de mobilités entre métiers (entre des métiers manuels/techniques, entre des métiers de services, entre des métiers du tertiaire administratif, entre des cadres techniques et des techniciens). Mais surtout, de façon plus fine, elle démontre que, là où la proximité des compétences transversales requises est forte, les transitions professionnelles entre métiers sont plus fréquentes. Par exemple, la proximité de situations de travail, donc de compétences transversales associées, se traduit par un surcroît de flux entre les métiers de caissiers ou de vendeurs et ceux d’employés de l’hôtellerie-restauration, ou encore entre des attachés commerciaux et les professionnels de la communication.

Pour en savoir plus : Note de synthèse ; Document du travail

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